Euskaraldia, de quoi parle-t-on ?
Les enquêtes sociolinguistiques successives révèlent que l’écart entre la maîtrise de la langue basque et sa pratique se creuse. Au Pays Basque Nord, alors que 20,5% de la population parle basque, seul 8,1% l’utilisent au moins autant que le français dans sa dimension formelle (commerce, collègues…), comme informelle (amis, famille…). Pourquoi alors les bascophones ne s’expriment pas en euskara autant qu’ils le pourraient ? Plusieurs facteurs entrent en compte, mais dans une société encore essentiellement unilingue francophone, il n’est pas toujours aisé de savoir avec qui échanger en basque. La facilité et les habitudes ont la vie dure. C’est justement pour modifier ces inerties qu’intervient Euskaraldia, une dynamique sociale impulsée en 2018 sur l’ensemble du Pays Basque.
Euskaraldia, le temps de la langue basque, est une dynamique sociale, qui encourage, par la pratique, une plus grande utilisation de l’euskara au quotidien. Du 18 novembre au 2 décembre, pendant 15 jours, des milliers de bascophones s’engageront à changer leurs habitudes linguistiques, en utilisant davantage la langue basque en famille, entre amis, au travail, à la mairie, ainsi que dans les bars, boulangeries, associations et autres lieux de partage.
Euskaraldia se concrétise par un système de badges qui repose sur deux profils bascophones, volontaire à la démarche Euskaraldia, afin de faciliter l’identification des personnes qui comprennent le basque (Ahobizi, Belarriprest) et permettre ainsi d’engager plus facilement une conversation en euskara. Deux profils, deux attitudes, deux sortes d’engagement qui visent à diminuer le sentiment de stress linguistique au quotidien, et à parler basque avec moins de complexes.
A cela s’ajoutera cette année, l’identification des lieux qui permettent l’usage de la langue basque (Arigune), via une signalétique pratique, qui apporte un soutien à la personne qui souhaite parler basque dans divers endroits: bar, boulangerie, mairie, association, lieu de travail… Une pluralité de lieux d’usage qui s’avère essentielle pour renforcer le sentiment de valeur sociale de l’euskara, et ainsi l’utiliser au quotidien.
